J’y pense tellement souvent. Et quand j’y pense, ça me fait relaxer. Je lâche prise, je me détend plus rapidement et j’arrive à apprécier des moments que je juge difficiles sur le coup. Ses crises de nerfs ou de larmes et ses moments d’énervements deviennent tout à coup beaucoup moins dramatiques.
Lucas a trois ans et il en a dedans. Une tornade d’énergie. C’est pas le genre d’enfant-bibelot qui reste tranquille dans son coin et qui obéit au doigt et à l’œil. Vraiment pas!
Et vous savez quoi? Dans le fond, c’est tant mieux comme ça. Car c’est peut-être ça qui lui a sauvé la vie.
Toute l’énergie qu’il déploie aujourd’hui, Lucas en a eu grandement besoin dès sa naissance. Arrivé au monde 7 semaines trop tôt, il s’est battu sans relâche durant des semaines à l’hôpital pour parvenir à respirer seul, se nourrir et maintenir un rythme cardiaque régulier. Ce fut un combat long et épuisant pour le grand prématuré de seulement 4,10 lb qu’il était.
De me rappeler les moments où on ne voyait presque plus son corps en raison de son masque respiratoire, des nombreuses ventouses collées à sa peau et de tous les fils qui envahissaient son incubateur me donne encore des frissons. Le bruit des moniteurs qui enregistraient ses signes vitaux m’est resté en tête longtemps, tout comme les regards inquiets des infirmières qui le côtoyaient lors des journées plus difficiles.
Mais Lucas a tout donné et il a vaincu. S’il n’avait pas été si fort, s’il n’avait pas été si énergique et combatif, qui sait ce qui aurait pu arriver.
C’est en pensant au pire de scénarios que je me dis que je me plains parfois pour rien...
Et si…
Quand je suis tanné de courir après mon fils, de lui répéter les consignes et de gérer son énergie, j’essaie de ne plus en faire une montagne. Car ce qui peut sembler être une limite, est en fait une force pour lui. Sa grande énergie ne l’empêche pas de rester tranquille, elle lui permet plutôt d’en faire plus, d’aller encore plus loin que d’autres.
Comme quoi il faut savoir remettre les choses en perspective.
Aujourd’hui, il est en excellente santé. Suffit de le voir nager comme une torpille lors des cours de natation et de le voir courir partout dans la maison pour s’en rendre compte. Et comme il avait bien failli naître à la 25e semaine de grossesse, je sais que ma conjointe et moi n’aurions jamais connu le p’tit grouillant qu’il est aujourd’hui. Au lieu de nous inquiéter à le voir faire ses cascades ou de nous tordre de rire à cause de ses imitations, nous aurions pu devoir apprendre à vivre avec un enfant lourdement handicapé ou gravement malade.
Continue de courir Lucas! Papa est encore capable de t’attraper!
Et si tu es aussi grouillant aujourd’hui, c’est bien possible que ce ne soit qu’une question d’hérédité.
C’est ce que ta grand-mère dit en tout cas! :)
Jeff


Wow... je ne savais pas ça... touchant, JF... Comme tu dis, ça nous permet de remettre les choses en perspectives... je te souhaite donc d'avoir de l'énergie encore longtemps pour continuer de courir après ton p'tit Lucas!!!
RépondreSupprimerC'est tellement vrai! On se laisse trop souvent rattraper par le quotidien et on oublie la chance, le bonheur d'avoir des enfants "pétants" de santé... Merci de remettre les choses en perspective!
RépondreSupprimerTrès beau texte, très touchant!! Il aime faire des imitations? Alors là, il a probablement ça de sa maman! Au secondaire, elle était imbattable pour nous faire rire avec ses imitations de nos profs!
RépondreSupprimerJe suis éveillée parce que mon ti-homme ne feel pas...je suis inquiète...encore...Je suis tombée par hasard sur ce blogue. Première vision sur le site: mon Matis il y a 6 mois!!!
RépondreSupprimerC'est comme si quelqun avait cloné mes pensées. Le fameux son de ces moniteurs...pus capable!!! Il m'arrive encore de les entendre dans ma tête...les examens, les résultats, les autres petits anges autours qui vont moins bien que nous...Et puis je lis les mots dont j'ai besoin ce matin...C'est vrai qu'on arrive à lâcher prise?
Je vous envie cher Monsieur...j'ai hâte d'être essoufflée à essayer de l'attraper!!! Vous m'avez transporté dans une bulle le temps d'un instant...Bonne suite à votre congé et je vous lève mon chapeau...
Je vais maintenant essayé de m'endormir...en m'imaginant courrir...
Bonjour voisin!
RépondreSupprimerComme je te le disais l'autre jour, je lis tes tranches de vie avec beaucoup d'attention et je dirais même que j'y suis devenue accroc. T'as vraiment du talent et je souris beaucoup en te lisant, car on fait souvent les mêmes constats. Ton dernier texte, quoique plus troublant, m'a rejointe encore plus, car on a vécu sensiblement la même chose avec Xavier il y a 5 ans. On a les mêmes photos, les mêmes souvenirs des soins néonataux... et je crois que, comme Lucas, Xavier aussi a l'énergie des battants. T'as sûrement remarqué que lui non plus n'est pas un enfant bibelot, hein? Vite! Que la neige fonde pour qu'on les laisse courir ensemble dans la cour!
Continue! C'est très drôle et rafraîchissant tes anecdotes de quartier!!!
Myriam
Merci Jeff pour ce billet. Le jour où tu nous a annoncé que tu écrirais ta version de votre aventure familiale, j'avais l'intuition que ton histoire de père nous ferait vivre de beaux moments. Jeff, tu nous fais sourire et tu nous fais du bien.
RépondreSupprimer@Tout le monde: Merci beaucoup pour vos commentaires, c'est toujours très apprécié!
RépondreSupprimer@Sandra: C'est vrai qu'on oublie souvent la chance qu'on a d'avoir des enfants en pleine santé. Faut L'apprécier et surtout en profiter!
@Nancy: Bien content que mon texte puisse vous avoir fait passer un bon moment. J'espère que Matis va bientôt vous faire courir à en perdre le soufle!
@Myriam: La neige est en train de fondre...ça va commencer à grouiller bientôt derrière chez nous! Tant mieux!