vendredi 29 avril 2011

En tournée médiatique à Québec!


Ok, je l’avoue! Le terme tournée médiatique est un tantinet tiré par les cheveux. Que voulez vous, pour le papa-au-foyer-changeur-de-couches que je suis, cette petite virée dans les médias de Québec vient mettre un peu de glamour dans mon quotidien. Permettez-moi donc de beurrer épais, ça fait du bien à mon égo.
Parlons plutôt une mini-tournée. Mais toute une!
Car même si je me rends à Québec pour donner seulement deux entrevues, je vais m’adresser aux deux plus gros médias qui se sont intéressés à mon histoire depuis l’ouverture de mon blogue.
D’ailleurs, je suis toujours surpris qu’on veuille m’interviewer pour parler de mon expérience de père à la maison et du projet Jeff au foyer. Cette fois, c’est encore plus étonnant car ce sont des médias de l’extérieur de ma région, avec qui je n’ai aucun lien personnel ou professionnel, qui vont m’accueillir dans leurs studios. Faut croire que même en 2011, une situation comme la mienne fait jaser. Tant mieux!
Le premier arrêt d’aujourd’hui est prévu à 11h, dans les studios de V, pour l’enregistrement de l’émission Famille 2.0. Ce sera la première fois qu’on me verra à la télé pour parler de Jeff au foyer. Si les p’tits ne sont pas trop grouillants, j’vais pouvoir montrer leurs binettes à la grandeur du Québec car l’émission est diffusée sur tout le réseau. Grand-maman va dont être fière! J
Le deuxième et dernier arrêt de la journée se fera à 15h dans les studios du FM 93. J'vais participer «live» à l’émission de Gilles Parent. J’ai besoin d’être en forme car, pour avoir entendu plusieurs de ses entrevues, je sais que ça peut déraper en masse. J’pense qu’on va avoir bien du fun! Vous pourrez écouter l’entrevue en direct en cliquant ici.
Les liens vers les deux entrevues seront bientôt placés dans la rubrique Jeff au foyer…Dans les médias, qui est située dans la colonne gauche du blogue. Profitez-en pour consulter les autres entrevues auxquelles j’ai participé au cours des dernières semaines.
Bonne écoute!

Jeff

mardi 26 avril 2011

Toi, es-tu un homme?


À une époque pas si lointaine, on mesurait la «qualité» d’un homme selon quelques critères tels que :

-          Sa capacité à sacrer des volées à tout le monde;
-          Un nombre très élevé de conquêtes;
-          Son talent inné pour caler une caisse de 24 en une soirée;
-          Ses nombreux tatouages de têtes de morts;
-          La longueur de son outil;

Si tu avais un bon score dans ces critères-là, on disait de toi que tu étais un homme. Un vrai de vrai!

Avec des critères comme ça, on ne se demande pas pourquoi les hommes des générations précédentes ne prenaient pas une pause de quelques mois pour rester à la maison avec leurs enfants. Vrai qu’il n’y avait pas de congé parental à l’époque, mais c’était vraiment pas dans les mœurs de quitter le travail pour s’occuper des jeunes. Même que ça aurait été mal vu…

La place de l’homme c’était à la shop, sur le chantier ou au bureau... Certainement pas à la maison pour changer des couches, faire la bouffe, le ménage et prendre soin des p’tits.

J’pense que celui qui aurait demandé un congé parental à son boss aurait passé pour un maudit paresseux qui ne veut pas travailler, ou encore, pour une moumoune qui veut faire une tâche de femme. Le pauvre gars aurait fait rire de lui avant de se faire garocher son T-4 par la tête!

Un collègue de travail, âgé dans la cinquantaine, m’a même dit que les hommes sa génération n’auraient pas profité du congé parental à l’époque s’il avait existé. Et selon lui, même s’ils avaient voulu le faire, leurs femmes ne les auraient jamais laissés seuls avec les enfants!

Voilà qui en dit long! J

Au moins, aujourd’hui on définit plutôt les vrais hommes comme ceux qui sont de bons pères de famille et qui font les sacrifices nécessaires pour le bien de leurs enfants. Du moins, ça se rapproche de ma définition. Voici d’ailleurs une discussion à ce sujet sur LinkedIn.

De la bouche d’un vrai…

Parlant d’hommes, de vrais de vrais, prenons l’exemple du seul et unique Rocky.

Non mais, comme stéréotype du vrai gars, on peut difficilement trouver mieux.

Dans le film Rocky Balboa, Rocky fait tout un speech à son fils sur le fait d’être un homme et de se tenir debout dans la vie :

[…] La vie n'est pas remplie que de rayons de soleil et d’arcs-en-ciel. C'est un endroit très méchant et sans pitié. Elle te jettera à genoux et t’y maintiendra en permanence si tu lui permets. Toi, moi, ou personne ne peut frapper aussi fort que la vie. Mais ce n'est pas la force de frappe qui compte, c'est ta capacité à encaisser les coups et continuer d’avancer. Combien tu peux prendre de coups et continuer à avancer? C'est ça qui fait de toi un homme. Maintenant, si tu sais ce que tu vaux et ce que tu veux dans la vie, va le chercher. Mais tu dois être prêt à encaisser les coups ! […]

Maintenant, relis le texte en changeant tous les mots en rouge pour congé parental.

Tu verras qu’il faut être un homme, un vrai de vrai, pour passer à travers ça!  



Jeff

mardi 19 avril 2011

Une entrée remarquée


Parce que mon texte  L’énergie qui garde en vie a suscité plusieurs réactions, je vous raconte aujourd’hui comment notre petit Lucas est entré dans notre vie, à sa façon bien à lui…
On était au beau milieu de la nuit, le 24 septembre 2007, lorsque les pleurs de ma blonde m’ont extirpé de mon sommeil. En ouvrant les yeux à ce moment précis, je savais que ma vie allait changer!
Enceinte d’à peine 24 semaines, ma conjointe venait de crever ses eaux. Les draps étaient couverts de sang et de liquide amniotique. Il y en avait partout!
Ce qui s’est passé par la suite est plutôt flou, mais je sais que nous sommes arrivés à l’hôpital en un temps record. Arrivés à l’urgence, des millions questions traversaient notre esprit. Notre cœur battait à nous en fendre la poitrine.
Les mots qui assomment
Après quelques tests et plusieurs heures d’attente, le médecin a prononcé une phrase qu’aucun parent ne veut entendre. « Vous pourriez accoucher dans les prochaines heures et nous ne sommes pas équipés pour donner des soins à un prématuré de 24 semaines. Il va falloir vous transférer à Ste-Justine.»
Sainte-Justine!!! Quand tu te fais dire par un médecin d’un hôpital comme le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières qu’il ne peut rien pour toi et que tu dois aller à Ste-Justine, tu n’as pas besoin d’explications supplémentaires. L’heure est grave! Très grave!!
Nous sommes finalement montés à bord d’une ambulance en route vers la Vieille Capitale, pour nous rendre Centre mère-enfant du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) qui offre le même niveau de soins que Ste-Justine. Dès notre arrivée, ma conjointe à été mise sous observation. Puis, au petit matin, il y a eu la visite d’une psychologue/pédiatre flanquée de deux médecins résidents pour nous expliquer la gravité de la situation.
« Si bébé naît aujourd’hui ou dans les jours qui viennent, vous aurez le choix de le garder ou non car il n’est pas assez mature. Même si on réussi à le sauver, il y aura 50% des chances de vivre avec de sérieux problèmes de santé en plus de sévères handicaps physiques et mentaux.»
Habituellement, c’est à ce moment-là qu’on s’écroule par terre pour fondre en larmes.
Le courage
Une telle mise en garde vient tuer le rêve de tous parents souhaitant vivre une longue vie active avec ses enfants. Les amis, le sport, l’école, le travail, l’amour… soudainement on se dit qu’on ne vivra probablement jamais les étapes de vie de notre futur enfant comme on les avait imaginées. On imagine plutôt l’enfer!
Mais heureusement, nous avons vite chassé ses terribles images de nos pensées. Au lieu de céder à la panique, nous avons fait face à la situation. Et encore aujourd’hui, je me demande où nous avons trouvé le courage pour réagir de cette façon.
Il y a bien eu quelques pleurs, mais nous savions ma blonde et moi que nous ne pouvions pas nous permettre de nous apitoyer sur notre sort.
Je me souviens d’avoir demandé à la psychologue s’il était déjà arrivé que des femmes dans la même condition que ma blonde avaient finalement accouché à terme après avoir reçu un tel avertissement. La réponse étant OUI, je l’ai regardé droit dans les yeux en lui disant qu’il en serait de même pour nous!
Nous avons fait le pacte ma blonde et moi de rester confiants et de suivre les recommandations des médecins à la lettre afin de mettre toutes les chances de notre côté.
Ce fût la meilleure décision de notre vie!
En restant alitée à l’hôpital et en respectant les consignes des médecins, ma conjointe a pu ajouter deux mois à sa grossesse. Ça a fait toute la différence au monde.
Car sans ces deux mois supplémentaires, Lucas ne serait pas l’enfant souriant, plein de vie, drôle, intelligent et grouillant qu’il est aujourd’hui. Peut-être même qu’il serait … enfin… vous comprenez.
Finalement, un beau matin de novembre, j’ai reçu un appel au travail. Il fallait faire une césarienne car Lucas devait sortir. « Les docteurs attendent après toi. Viens t’en tout de suite!», m’a dit ma blonde.
En 45 minutes j’étais à Québec!
Près d’une heure plus tard, Lucas était avec nous!
Un signe particulier
Et pour ceux qui croient qu’on reçoit parfois un p’tit coup de pouce d’en haut, lisez ceci :
L’arrivée de ma conjointe à l’hôpital s’est faite un 24 septembre, soit la date d’anniversaire de sa mère qui est décédée depuis de nombreuses années et que Lucas ne connaîtra jamais. Et vous savez quelle journée Lucas est né finalement? Le 26 novembre… Soit lors de l’anniversaire de décès de cette même grand-maman…
Comme quoi Lucas avait quelqu'un à ses côtés pour mener son combat.
Merci du coup de pouce Denise!

Jeff

vendredi 15 avril 2011

Bien pire que les couches


Quand on me parle de ma vie de père au foyer, les gens sympathisent presque immédiatement avec moi. Tout ce qu’ils arrivent à imaginer de mon quotidien, ce sont les couches de «mou» qui débordent, le bordel permanent dans la maison et le vomi qui salit mes vêtements et colle à ma peau.
Et ils n’ont pas tout à fait tort…
Oui, oui… Je réponds à ces gens-là qu’il y a aussi des moments magiques dans mes journées et que mes enfants sont extraordinaires. Les plus beaux et les plus fins. Que voulez-vous, ils ressemblent tellement à leur père mère. ;)
Mais restons dans le moins magique pour la durée du blogue d’aujourd’hui.
Juste pour vous dire que les couches, le vomi, les traîneries...C’est pas ce qu’il y a de pire.
Ho non!
En fait, y’a rien comme la maladie pour vous faire passer un sale moment à la maison avec votre progéniture.
La pire de toutes : la gastro! C’est le cauchemar de tous parents! J’ai quelques histoires déguelasses reliées à cette maladie mais je vais les garder pour moi. J’ai pas envie que Google ferme mon blogue pour avoir tenu des propos qui ne répondent pas aux règles de l’étiquette.
Et puis des histoires comme ça, vous en avez sûrement aussi. Je propose alors qu’on laisse ça dans nos jardins secrets respectifs.
La fièvre des séries!
Non ce n’est pas le Canadien qui fait grimper le thermomètre ici. La fièvre, c’est mon p’tit homme qui la combat. Et la victoire d’hier du CH sur les Bruins n’a pas suffit pour le soulager.
J’peux facilement dealer avec les couches et le reste du sale boulot de parent. Mais de voir mon enfant être maganné comme ça par un virus…c’est rough. Surtout qu’il n’est pas lui-même dans ce temps-là.
Fiévreux, les yeux rougis, la voix brisée par la toux, le réservoir d’énergie complètement vidé, le nez morveux et tout écorché, Lucas a mauvaise mine. Vous devinez que ça fini par jouer sur son caractère… et sur le mien!
Faut dealer avec la série de crise de nerf (on dirait qu’il n’y a eu que ça ces derniers jours), le sommeil interrompu, l’angoisse, l’agitation, puis encore les crises…
Rendu à la xième heure de négociation et autant de tentatives infructueuses de consolation, je me suis mis dit que, finalement, les couches pis tout le reste, y’à rien là.
Puis, je me retourne et voit ma belle princesse de six mois qui me fait le plus beau des sourires à deux dents.
Au moins, elle va bien.
Car, si dealer avec un enfant malade est pire que les couches et autres dégâts, qu’y a-t-il de pire que de dealer avec un enfant malade?
Dealer avec DEUX enfants malades!
Et je me croise les doigts pour que ça n’arrive pas!

Jeff

mardi 12 avril 2011

Si t’as pas de contrat, oublies ça!


Tu songes à devenir papa à la maison?  Ça fait un bout de temps que tu souhaites profiter du « congé » parental (dis toi tout de suite que ce n’est pas une vacance) pour prendre la relève de ta blonde à la maison. Les couches, le désordre, les dégâts en tous genres et le manque de liberté ne t’effraient pas et tu te sens prêt à relever le défi?
Lis bien ceci avant de te lancer officiellement dans l’aventure de papa au foyer. Et tant qu’à y être, fais lire ce texte à ta blonde avant qu’elle ne te lègue une partie du congé parental. Ça vous sera utile à tous les deux.
Parce qu’en plus d’avoir un grand désir de t’impliquer comme homme au foyer, en plus d’avoir la patience et les aptitudes nécessaires pour passer à travers les quelques mois où tu seras seul à la maison en train de veiller sur ta progéniture, ça te prends quelque chose de très important.
Un contrat!
Surtout si, comme moi, tu vis avec une conjointe hyper efficace. Le genre de femme qui, même dans ses mauvaises journées, réussi à en faire trois fois plus que toi dans la maison. Le genre de femme qui met la barre tellement haute que tu peines à faire à moitié aussi bien qu’elle.
En signant un contrat pré-congé parental, tu protèges tes arrières.
Voici quelques clauses très importantes que tu devrais inclure dans le contrat, surtout si tu veux profiter du temps que tu as avec tes enfants plutôt que de tenter de répondre aux attentes quasi inatteignables de ta conjointe.
1-      La clause bonne intention :
Tu ne feras jamais le ménage aussi bien que ta blonde. Les vêtements seront mal pliés, la vaisselle sera mal rangée, ses bobettes ne seront jamais placées dans le bon tiroir  mais au moins tu fais des efforts. Elle doit accepter ça et ne pas dénigrer ton travail.
2-      La clause nutrition :
Comme c’est toi qui seras le cuisinier de la maison, les tournedos, les ailes des poulet, les steaks et les brochettes sur le BBQ constitueront la base de votre alimentation.
3-      La clause liberté :
Au moins une fois par semaine, tu va quitter le domicile pour aller jouer au hockey ou prendre une bière avec tes chums dans un endroit que tu ne seras pas obligé de divulguer. (Faut pas qu’elle puisse te suivre!) J
4-      La clause tâches pour hommes seulement :
Tu conserves les tâches réservées à l’homme de la maison comme couper le gazon et déneiger l’entrée. Mais pendant que tu fais ça, ta blonde doit «compenser» en faisant le ménage et le lavage. (Alors tu attends que ta blonde soit à la maison pour faire ces tâches-là!)
Une fois que ta blonde aura signé le contrat (que tu peux personnaliser à ta guise) tu seras bien protégé. Si elle refuse de signer, méfie-toi. Ta blonde veut peut-être faire de toi sa nouvelle bonne... Si c’est le cas, reste au bureau!

Jeff